La reprise : traversée de la Bourgogne à vélo

Publié le par Rosélène et Nicolas

Les vendanges terminées en Bourgogne, nous reprenons nos vélos pour filer vers le sud.

Ce n'est pas sans appréhension que nous repartons ! En effet, même si en ce vendredi 17 octobre, le soleil caresse les paysages pour notre nouveau départ, les températures ont considérablement chutées ces derniers jours… Ce sont surtout les nuits qui nous inquiètent. La journée, tant que nous pédalons, surtout s'il y a du soleil, nous pouvons aisément nous réchauffer. En revanche, sous notre modeste toile de tente, nous sommes peu protégés contre les agressions du froid. D'autant plus qu'ayant dû renvoyer un duvet défectueux au service après vente, nous n'avons qu'un seul sac de couchage pour relier Lyon (nous devons récupérer l'autre chez une amie à Chambéry). Courageusement, Nico se dévoue pour tenter l'expérience. Nous prenons juste une couverture. Nous quittons Cécile, sa chienne Loulette et son voisin Seb, qui nous ont vraiment chaleureusement accueillis à St Romain. C'était une chouette rencontre.

Après une petite halte en bas du village à la cuve de Patrick Germain pour dire au revoir à l'équipe, nous enfourchons nos vélos en direction de Lyon. Le soleil accompagne nos premiers coups de pédales depuis un mois et demi. D'emblée nous retrouvons le plaisir de parcourir les paysages au rythme si doux du vélo. D'autant plus que la campagne est vraiment magnifique, les vignes sont transformées par les couleurs de l'automne, c'est un véritable festival de couleurs qui s'offre à nous. La Bourgogne se prête à merveille au cyclotourisme, nous pédalons au milieu des vignes, sur de petites routes bordées de murets en pierre sèche, à travers des villages de charme et au cœur des grands crus de Bourgogne : Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet…

D'ailleurs, pour cette première nuit, nous dormons à Mercurey, chez M. Modrin, vigneron indépendant. Alors que la nuit commence à tomber, nous le croisons en haut d'une côte, alors qu'il promène son chien. Nous sommes un peu ennuyés car nous peinons à trouver un endroit pour la tente et nous lui demandons s'il pense que quelqu'un pourrait nous accueillir sur un terrain au village suivant, Mercurey. Il nous propose alors de nous installer sur son domaine, juste à l'entrée du village. Et puis une fois arrivés chez lui, il nous convie à préparer nos pâtes bolognaises dans sa cuisine. Spontanément, il nous offre par la même occasion un verre de son Mercurey 1er cru, 2005.  " Finalement, on va peut-être rester en Bourgogne un peu plus longtemps encore !" . La transition vers le cyclocamping s'effectue en douceur…

Nous avons installé notre "maison" sous son hangar et en nous réveillant le lendemain matin, nous sommes contents d'être à l'abri de la froide humidité du crépuscule. Il faut se réaccoutumer aux nuits sous la tente. Je me réveille avec une légère douleur dans les épaules, car j'ai dormi contractée par le froid, les bras serrés autour du torse. Quant à Nico, il ressemble davantage à un misérable, avec sa couverture à carreaux écossais, son bonnet vissé jusqu'au oreilles et ses multiples épaisseurs destinées à le protéger du froid. Heureusement, le soleil pointe rapidement ses rayons et nous repartons de bon cœur à travers les vignes.

Nous suivons la route touristique des grands crus. Ce qui nous permet de pédaler sur de petites routes agréables, mais au relief accidenté ! Rien de tel pour se remettre dans le bain ! Même si vendanger est un travail physique, nous nous sommes légèrement démusclés, et nos cuisses ne sont plus aussi valeureuses que cet été ! Nous nous essoufflons plus rapidement et grimper une côte nous demande davantage d'efforts.

Soit ! Nous apprenons qu'à Givry, à quelques kilomètres donc, une voie verte peut nous conduire jusqu'à Cluny. Ce qui simplifie notre remise en route ! Il suffit de rouler, la piste est goudronnée, fléchée et relativement plate. Nous roulons plutôt bien et nous nous arrêtons vers 18h, avant que le soleil ne disparaisse derrière l'horizon, sur les bords de la piste cyclable, dans une ferme. A nouveau, nous réussissons à trouver un abri pour la nuit. Cette fois-ci nous plantons la tente sous un hangar, entre des bottes de foin et une chèvrerie.

A 19h30, nous avons mangé et nous sommes réfugiés sous la tente. Eh oui, la nuit est déjà tombée et les températures chutent rapidement désormais. Et dire que la semaine prochaine nous changeons d'heure… C'est un mini drame pour nous, nous ne savons pas encore comment nous allons gérer ce décalage horaire…

La nuit a encore été bien froide. Nous assistons au réveil à notre première gelée blanche du voyage, doublée d'un brouillard qui accentue la fraîcheur du matin. Se préparer dans ces conditions n'est pas évident. Les doigts et les orteils sont les premiers à pâtir de la situation. Rapidement, le moral est également atteint. Il faut vite trouver des parades pour se motiver. D'une certaine façon, la meilleure chose à faire est encore de pédaler. Nous n'allons pas attendre, transis, que notre corps se réchauffe par lui-même. Pas le choix, il faut rouler. Toute notre panoplie est de sortie : polaire, foulard, gants, bonnet, mais le froid pique le visage et pour les extrémités, c'est assez problématique, puisque nous ne nous en servons pas. Heureusement, vers 10h, la brume se dissipe et le soleil réchauffe l'athmosphère. Il ne fait encore que six petits degrés, mais nous arrivons au village de Cluny, où nous allons pouvoir faire un brin de toilette dans les WC publics et revitaliser nos précieux pieds en parcourant les rues de ce village historique.

Pour éviter une nouvelle "nuit-frigo", nous avons appelé notre ancien employeur, Pierre-Yves Perrachon, à la Chapelle-de-Guichay, pour faire étape dans le dortoir des vendangeurs. Nous pédalons toute l'après-midi au milieu des paysages du Beaujolais, qui nous offrent à nouveau de splendides points de vue, mais au prix de grimpettes digne de ce nom ! Nous suons à grosses gouttes dans les Monts du Beaujolais, pour arriver en fin de journée à Château Bonnet. Aaaah, quel plaisir de pouvoir se réfugier au chaud (même si les locaux ne sont pas chauffés), profiter d'une douche bouillante (instant de bonheur suprême), cuisiner en voyant ce que l'on prépare (merci à M. Edison), faire durer la soirée au delà de 21h, et dormir dans un lit douillet, avec cinq couvertures et un édredon…

C'est donc reposés que nous repartons le lendemain matin. Nous avons une grosse journée devant nous, car nous voulons rejoindre Lyon avant la nuit, afin d'éviter une nouvelle nuit dans le froid bourguignon. D'autant plus que la météo annonce de la pluie pour le lendemain.

A 9h30 nous sommes sur nos vélos et nous allons pédaler, pédaler, pédaler, jusqu'à 20h. 80 kilomètres (notre record, tout voyage avec sacoches confondus), à travers la plaine de l'Ain (totalement dénuée d'intérêts) et avec le vent de face. Il fallait avoir une vraie motivation pour les faire !

Notre approche de Lyon est en revanche tout à fait agréable, puisque nous arrivons par les quais de Saône, les derniers rayons du soleil caressent les facades méridionales lyonnaises. Nous sommes accueillis par Philippe, que nous avions rencontré début août, à côté de Cahors. Il nous avait laissé sa carte et nous héberge très gentiment sur Lyon pour quelques jours.

Nous sommes ravis d'arriver dans une grande ville. Notre dernière agglomération d'importance était Roanne, à la fin du mois d'août, et encore… Malgré le temps maussade, nous avons pris les "vélov" lyonnais pour nous ballader dans le centre de Lyon. Nous sommes un peu désorientés au milieu de toute cette agitation, et la pluie va freiner nos ardeurs…

 

Nous avons donc laissé derrière nous la bruine bourguignonne pour regagner Lyon et ses promesses de climat plus clément. Après un petit crochet (en train) par Chambéry pour voir une amie, et récupérer notre précieux duvet (également promesse de nuits plus agréables), nous allons poursuivre notre descente vers le Sud le long de la vallée du Rhône, à partir de la semaine prochaine.   

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