Du nouvel an a notre arrivee en Andalousie

Publié le par Rosélène et Nicolas

Après avoir dignement fêté les Rois Mages avec mes parents, Simon et Soizic début janvier, nous repartons (enfin !) pour de nouvelles aventures.


Désolés de décevoir beaucoup de monde avec cette triste nouvelle, mais nous n'avons pas été enchantés par la ville de Barcelone. Trop grande, trop polluée, trop urbaine. En revanche, nous avons eu l'occasion d'assister à un événement vraiment surprenant, "el dia des Reis". Il s'agit de l'arrivée des Rois Mages, le 5 janvier, veille de l'épiphanie, qui apportent des cadeaux aux enfants et du charbon aux garnements. Toute la ville est en effervescence, parents comme enfants, grimpés sur des escabeaux, aux premières loges pour assister au défilé de danseurs, percussionnistes, acrobates, échassiers, chameaux... Les rois sont juchés sur d'imposants chars, tout le cortège défile en musique et une véritable euphorie règne dans les rues pendant plusieurs heures. Il est même difficile de prendre le métro pour rentrer !


Décembre fut pour nous un moment de repos, aussi ressourçant que nécessaire. Mais ce fut aussi un moment d'inactivité, pendant lequel nous avons engraissés ! Il est temps de reprendre la route.


Nous avons choisi comme destination l'Andalousie. Nouveau départ, nouvelle région. C'est pour nous une équation à plusieurs inconnues : est-ce que le climat nous permettra de voyager avec notre tente ? Réussirons nous à parler espagnol et à comprendre l'accent spécifique des andalous ? Comment se passera cette nouvelle expérience, le "wwoof" ?

Et avant tout, arriverons-nous à rejoindre l'Andalousie ? En effet, il nous a d'abord fallu trouver un moyen de transport pour rallier Grenade avec nos vélos, et puis nous avons bien failli rester sur le carreau à la gare routière de Barcelone. Quand le chauffeur a vu nos vélos, pourtant soigneusement démontés et empaquetés, il s'est mis à gesticuler, à tempêter, à fulminer contre notre carton, à gronder contre nos sacoches avec de grands gestes menaçants. Heureusement que Simon et Soiz étaient là pour négocier avec lui. Déjà que les espagnols parlent vite et fort, mais alors là, c'était le pompon ! D'ailleurs il a essayé de nous pourrir le trajet en provoquant Nico qui avait enlevé ses chaussures dans le car. Il avait vraiment une dent contre nous.


Enfin, après ces drôles de péripéties, nous arrivons à Grenade, un dimanche matin, vers 8h, dans un épais brouillard avec zéro affiché au thermomètre. " Mais qu'est ce qu'on fout là ?! " Nous sommes en Andalousie mais nous avons un peu du mal à réaliser car nous n'avons pas l'habitude de saut spatial si important et brusque !

Première impression, il fait froid. Et nous sommes entourés de montagnes enneigées. D'ailleurs nous croisons snowsborders et autres skieurs dans la gare. Nous enfilons nos habits les plus chauds et partons à la découverte de la ville.

Rapidement nous sommes assaillis par un sentiment de bien-être et le virus du voyage nous rattrape. Nos yeux s'émerveillent devant les merveilles architecturales de la ville, nos narines s'emplissent de la pureté de l'air montagnard, nos corps se réchauffent aux rayons du soleil méridional. Rien ne nous échappe, de la perfection de la cathédrale, aux arabesques qui ornent les façades, en passant par les orangers qui fleurissent à chaque coin de rue. Chaque façade est une œuvre d'art, chaque rue dégage une nouvelle ambiance, même les pavés sont magnifiques. Je suis face à un dilemme, quelle porte prendre en photo ?

Nous avons fait cent mètres.

Nous traversons alors l'avenue principale et flânons à travers un petit quartier, livrés au charme de ses ruelles. Les maisons, d'un blanc éclatant, grimpent le long de la colline. Serions nous déjà au Maroc ? Il s'agit d'El Albaicin, le plus vieux quartier de la ville. Nous dominons les toits de Grenade, ce qui nous offre un magnifique point de vue sur les montagnes qui encerclent la ville.

Puis nous arrivons sur une petite place, où chats et badauds lézardent au soleil, et nous profitons des terrasses de café pour goûter à la tradition andalouse, où l'on vous offre quelques tapas avec votre verre. Après l'agitation et la pollution urbaine de Barcelone, abandonnés à la tranquillité de cet endroit dans un bain de soleil, nous approchons de la définition du bonheur…


Nous tombons sous le charme de cette ville. Chaque quartier, chaque rue et chaque pas dans ces rues sont source d'émerveillements. Nous nous extasions devant chaque ruelle, chaque placette, chaque porte de maisons. Et puis il y a les monuments, les monastères et les églises, qui foisonnent. Et partout nous notons l'influence arabe. Dans les décorations des portes, dans les arabesques, dans les mosaïques, dans les couleurs de la ville, dans les écritures disséminées ça et là… Grenade est la dernière ville arabe d'Europe.

Il fait chaud maintenant et le plaisir de voyager nous a rapidement regagné. Il est impossible de tout voir dans cette ville en seulement deux jours, elle est tellement riche et variée, avec la lumière qui change pour mettre en valeur de nouveaux aspects. Mais grâce aux Rois Mages (cadeau de Noël), nous avons l'occasion de pénétrer au cœur de l'Alhambra, joyau de l'Andalousie, inscrit au patrimoine de l'Unesco. Nous passons l'après-midi à flâner, en admiration devant chaque détail de cet ensemble. Les photos sont incapables de rendre compte de la magie de cet endroit.


Nous logeons chez José, un mexicain qui fait ici une thèse en psychologie. Il est très gentil avec nous et nous tentons pendant deux jours d'améliorer notre maigre espagnol.

Lors d'une ballade, il nous montre trois églises de son quartier, toutes plus belles et étincelantes les unes que les autres. Surprise pour nous autres français, elles sont bondées et animées, voire pleines à craquer d'un public intergénérationnel.

Après ces deux jours de visite, nous reprenons nos vélos et notre barda, disons au revoir à José et repartons pour une nouvelle expérience, le wwoof. Nous prenons à nouveau le car jusqu'à Orgiba, petit village niché au creux d'une vallée, où nous sommes attendus par Oliver, propriétaire d'une ferme d'olives.


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