Les Caleboues dans le Far West andalou

Publié le par Rosélène et Nicolas

Après nos péripéties au cœur du no man's land andalou, nous décidons de prendre un jour de repos à Jerez de la Frontera, la capitale du flamenco. Nous ne pouvions quitter l'Andalousie sans assister à un spectacle de cette danse populaire, fût-ce une démonstration pour touristes. Et si ce que nous avons vu était une vulgaire attraction pour ignares, je n'ose pas imaginer un dixième de la flamme du vrai flamenco...

Il est temps de repartir. La pluie retombe de plus belle. Tant pis, nous reprenons la route. Enfin, le train, car dans cette zone de la région, près de Cadiz, il n'existe que des autoroutes pour quitter la ville. Pas facile de s'y retrouver.

Au menu de la journée, pluie, pour changer. Davantage d'animations autour de nous, mais les bleds que nous traversons sont dignes du Far West. Seule la route principale qui traverse le village est asphaltée. Les autres sont en terre. Il paraît que la plupart des westerns des années 70 ont été tournés en Andalousie. Ça n'a pas beaucoup changé depuis...

Pas beaucoup d'espoir de se faire accueillir dans ces demeures clôturées, murées et cadenassées. Nous tentons pourtant notre chance auprès de deux fermes, le refus est de rigueur. On nous explique qu'ici, on ne fait pas confiance aux étrangers.


Bon, nous sommes à nouveau dans une position inconfortable. Les lieux ne se prêtent toujours pas au camping sauvage. En fait, la nature n'existe pas ici car tout est clôturé, interdit, il n'y a pas la moindre parcelle de libre, si ce n'est les abords des routes. La belle affaire.

Nous repérons un "chemin-route" et plantons la tente à la tombée de la nuit derrière un bouquet de broussailles clairsemées. Nous sommes très proche du "chemin-route" mais notre tente gris vert se fond assez bien dans le décor.

Que nous croyons.

Alors que nous commençons à nous détendre, quatre "jackis" sur leurs mob' viennent faire les kakous dans le chemin. Ils repèrent notre campement.

Nico sort la tête de la tente pour voir ce qui se passe. Deux jeunes s'approchent, observent, puis lancent des branches et des cailloux dans notre direction, avant de s'enfuir en pétaradant sur leurs engins de malheur.

Bon, rien de bien méchant. Mais comme ils ont découvert notre emplacement, nous préférons changer de lieu, histoire de ne pas être réveillés à deux heures du matin par une bande d'ados écervelés.

Nous attaquons le rangement de notre barda. La pluie recommence à tomber.

Heureusement, nous avions vu un autre endroit possible un peu plus loin. J'incite Nico à y  courir installer la tente pendant que je finis de charger les vélos.

La nuit est quasiment tombée, on n'y voit plus rien.


Ça commence à être la panique.

D'abord, on entend les chiens du fermier hurler à la mort.

Puis les cloches des moutons. Le berger les rentre à l'abri.

Premier coup de tonnerre. Un éclair. L'orage éclate.

Une pluie diluvienne s'abat sur nous. Il fait noir.


C'est la débandade. Pendant que Nico se débat avec la tente contre les éléments en furie, je boucle les dernières sacoches et galope le rejoindre en traînant les vélos à travers la boue et les flaques du "chemin". C'est l'apocalypse. La pluie est si violente que nous sommes rincés en quelques secondes. Le vent se déchaîne, les éclairs nous aveuglent. Le ciel craque avec une puissance terrifiante. Je me sens misérable et fragile.


J'arrive au "campement". La tente est montée. J'aide Nico à bâcher les vélos.

Quand soudain,

Dans le champ voisin,

À cinquante mètres à peine,

La foudre s'abat sous mes yeux.

Comme ça.

Je n'ai jamais vu ça.


Deux secondes d'émerveillement puis la terreur. Une des plus grosses trouilles de ma vie.

L'orage est juste au dessus de nous, et il s'en donne à cœur joie. Les éclairs se succèdent frénétiquement, des torrents d'eau s'abattent sur nous, Eole est aux commandes de tornades  impétueuses, assourdissantes. A moins que ce ne soit le fracas du tonnerre qui me glace le sang.


Nous nous réfugions sous notre abri précaire, ballottés de toutes parts, angoissés à l'idée d'être inondés dans notre sommeil. Toute la nuit la tempête a rugi, le déluge a déferlé, des trombes d'eau se sont déversées, jusqu'au petit matin.


Alors nous avons pris nos affaires détrempées, nos vélos, et nous avons pédalé jusqu'à la plus proche ville, pour reprendre une chambre dans une pension et nous remettre de nos émotions...   

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S
je repondé juste a rosy.
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S
Hi,<br /> qu’est que tu veux savoir ?<br /> Je pense que t’an que l’on a pas vécu, on peut tous simplement pas imaginer se que l’on peut vivre, tu va trouve cela prétentieux.<br /> Alors, je vais te raconter deux ou trois choses comme ça tu pourras juger seul.<br /> Les jours les plus difficiles ne sont pas toujours à ce que l’on pense.<br /> Degas il fait savoir que ma première priorité dans la journée s’est trouvé de l’eau ça parrait con. Mais s’est simple quand tu bois en moyen 1,5 litre par heure, soit entre 12 l et 15 l. basses il faut les trouver, car après tu risques la crampe et le délire par le manque d’eau cela m’ai déjà arrivé.<br /> La nuit quand je trouve pas d’introït pour dormir et qu’il pleut je dors part tranche deux a trois heures. Et je me déplace. Le pire a était ma dernière nuit a Alice spring cette nuit la un orage éclate, la veille Degas je m’était fait emmerder par des gens qui ne souhaitent pas me voir dans le coin même pour manger.<br /> Alors, je décide de ma caché sous le pont avec comme seul matelas mon dos, car il y a un peu de passage même si je suis caché, de plus l’eau pouvait très bien surgir puisqu’il y a avait un orage.<br /> Donc vers une heure j’entends un bruit.<br /> En fait, ce n’était que le vent dans les feuilles, mais quand on est seul et souvent dérangé on a parfois des hallucinations.<br /> Vers 3 h se cou la s’est pour de vrai a 250 m les flics cherchent les gens avec un phare donc je décide de quitter les lieux en quelque seconde.<br /> Je roule pendant 30’ et trouve un cylindre de béton ou je peux enfin m’abriter de cette pluie qui vous trempe en quelque seconde.<br /> Seulement vers 5 h je me trouve de nouveau déranger par des jeunes cons qui s’amusent à balancer leur bouteille en verre.<br /> Je décide donc de finir la nuit en roulant, le jour ne se lèvera de toute façon que dans 50 minutes alors tapies pour ma nuit.<br /> Mais la nuit s’est rarement dérangeant moralement a par les hallucinations qui ne sont pas toujours drôles.<br /> Dans la journée en vélo, l’Australie est très dure. En moyenne je fais 20 km d’assertion verticale pour 50 km ça te donne la moyenne de monter ici, le plat il y en a pratiquement jamais, sa monté, sa décent. Un peut comme les routes de Sam Francisco, sauf que la dénivellation et pire et avec mes 90 kg de bagage ( vélo compris bien sûr), les monter sont très dur, il ne faut jamais s’arrête ou tu ne repars pas, alors avec le soleil et la difficulté de la pente j’avance a une moyenne de 2,4 km/h, mon coeur bat plus vie qui ne peut le faire, alors pour compenser la pression artérielle grève le plafond.<br /> Quand tu arrives en haut d’une de ses nombreuses cotes qui faut parfois plusieurs kilomètres, tu pourrais être comptent, seulement tu sais qu’après le répit de la descente tu vois Degas la nouvelle monter se profiler a l’horizon.<br /> Alors quand en plus un de tes bagages ne tient pas correctement et tendance a ce faire la mal sur la roue tous les 5min.<br /> Tu as tendance à craquer nerveusement.<br /> Mais il faut continuer, car la route ne se fera pas toute seulement et plus vite tu seras arrivé au camping ou à ton point d’arrêt et plus vite ta journée sera terminée.<br /> Seulement la chose qui ne faut pas obliger s’est que demain sera tous aussi difficile.<br /> La pluie tue t’en fou, s’est quoi s’est pas drôle s’est tous, a la limite quand sa tombe toute la journée tu en rigole. Car ce n’est pas dur.<br /> Mais la température l’épuise, le manque de nourriture parfois, l’obsession de recherche d’eau, car pour avoir fait plusieurs heure sans eau, s’est très très dure.<br /> Alors parfois tu aimerais que ce calvaire se termine.<br /> Tu pris plus pour que la journée se termine, mais pour qu’une voiture t’écrase comme ça, c’est définitivement terminé.<br /> Le paysage est en plus parfois pénible dans le sens ou s’est que de la résidentielle sur des vingtaines de kilomètres.<br /> Personne ici ne fait de vélo sauf le matin très tôt le dimanche.<br /> Les gens me traitent de fou ou de superman, je sais pourquoi maintenant l’Australie s’est très très dure en vélo.<br /> Pour te donne une petite comparaison un trajet avec les sacs charger j’ai mis 4 h avec une moyenne de 3,6 km/h.<br /> La même sans bagage 26 minutes a 32 km/h de moyenne et il y avait des cotes et en plus je n’étais même pas fatigué.<br /> Alors bien sûr tu pourras pense que je suis faible, que je n’ai pas d’endurance mentale, mais quand tu as eu au temps de problème que moins au si bien technique que physique tu comprendras pourquoi le mental a du mal a suivre.<br /> Alors parfois je loue une voiture pour m’avancer et surtout pour garder mon bras droit, car à chaque fois que je porte mon sac à dos je perds un peu plus de motricister grâce à un nerf mal placé.<br /> La sueur te brule les yeux quand se n’est pas le trop de larmes dues a la souffrance. Alors, tu ne vois encore moins bien, tu as du mal à garder les yeux ouverts.<br /> Les gens ne se rendent pas compte de la difficulté, rien à voir avec 50 km n’a poussé dans la Normandie, surtout qu’ici parfois avant de trouver un endroit ou te poser tu peux rouler une bonne partie de la nuit.<br /> Je ne regarde plus jamais le nombre de kilomètres que j’ai effectués dans la journée de toute façon je n‘ai pas de compteur et j’ai interdit a mon GPS de le faire. Car oui en plus il fait se méfier de se que dit le GPS il donner des routes souvent interdites au vélo, alors parfois tu t’en rends compte un peu tard alors la super descente ou tu roules doucement pour éviter de casser le matériel vu le poids. Il va falloir la crisper. Ici il y a peu de route entre les grandes agglomérations alors parfois quand il manque un pont tu fais 50 km de détour dans la journée sois presque la moitié si s’est pas les 2/3.<br /> Voilà pourquoi moralement c’est dur.<br /> <br /> <br /> Alors si s’est aussi dur que cela je m’incline, seulement je ne le pense pas.<br /> Je pourrais continuer longtemps comme ça, mais je crois que cela ne sert pas à grand-chose.<br /> S’est mon problème pas celui des autres je ne publierais jamais ce genre de chose j’ai pris le partie d’instruire les gens pas de raconter mes difficultés, je ne veux pas être pleins, seulement que l’on comprenne la difficulté.<br /> Les gens pourront dire que cela te change s’est pas vrai.<br /> Je me suis simplement rendu compte que dans la vraie difficulté ne n’arrive pas toujours a contrôler ma colère, alors que je penser pouvoir le faire.<br /> Et puis la plus dure s’est jamais le physique, mais le moral, car quand tu sais que chaque matin en te levant ton calvaire va recommencer s’est cela qui est vraiment dur. Où est la fin ?<br /> Mais pour d’autres personnes, c’est tout la vie, quelle atrocité !<br /> <br /> J’espère que tu es contente...<br /> <br /> Antoine<br /> ps j'ai pas corrigé les fautes trop long....
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N
<br /> Euh salut cousin,<br /> Je viens de lire ton commentaire. Je suis consterné. Je trouve dommage que tu te mettes dans d'aussi affreuses situations. Tu ne sembles pas prendre beaucoup de plaisir à voyager. Peut être devrais<br /> tu penser ton voyage autrement ou rentrer chez toi avant qu'il ne t'arrive quelque chose de grave ?<br /> <br /> <br /> <br />
S
Ils st trop forts nos Cale-pieds! Apres le vent, la pluie, l orage et la boue le reste du voyage sera un detail!! Plein de courage et on vs attend debut mars. bisous
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R
<br /> Muchas gracias amiga ! Les Calepieds se sont transformés en Andalousie en Caleboues, mais le moral est toujours aussi solide et volontaire ! Aussi grâce aux petites pointes de réconfort qu'on<br /> trouve ici et là, notamment à Barcelone. A très bientôt bises bises<br /> <br /> <br />
S
je vois que je suis pas le seul a avoir peur la nuit parfois, mais j'ai une chance s'est qu'il fait chaud, s'est un plus.<br /> même si je reste persuader que s'est plus facile à deux.
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R
<br /> Racontes nous tes frayeurs ! Partir tout seul c'est un choix non ? C toujours plus facile à deux, mais il faut le pouvoir ! Parce que ca demande en contre partie pas mal de travail sur soi,<br /> d'apprendre à vivre avec l'autre et traverser certaines expériences... Et puis des fois, à deux, ben on psychote deux fois plus :)<br /> <br /> <br />