Les Calepieds reviennent sur six mois d'évasion
Six mois de vélo à travers l’Europe laisse des marques. Lors de nos derniers coups de pédales en Italie, nous nous sommes amusés à recenser ce qui nous avait le plus marqué, d’une façon ou d’une autre. « Et alors toi, c’est quoi qui t’a le plus…
Rosy : « Alors Nico, c’est quoi qui t’as le plus plu lors de ces six mois à vélo en Europe ? »
Nico : « Ce que j’ai préféré, c’est de vivre dehors tout le temps et de rencontrer autant de gentillesse chez les gens sur notre route. Et toi ?
- Le fait d’être nomade, d’avoir ma maison sur moi et de la balader à travers l’Europe, et toutes les rencontres qu’offre le voyage à vélo au quotidien. Par contre, ce qui m’a déçu, c’est la monotonie des paysages en Europe Centrale, et aussi le manque de charme des villages de campagne.
- Moi c’est de remarquer l’uniformisation du mode de vie « à l’occidentale » un peu partout en Europe, et surtout dans les capitales. Mais c’est vrai que l’itinéraire que l’on a choisi en Europe ne nous a pas offert de très beaux paysages, cela m’a un peu frustré.
- Moi c’est la photo qui m’a frustrée. C’est difficile de concilier le vélo et la photo, on est tout le temps en mouvement, et je n’ai souvent pas le temps de m’imprégner de l’ambiance, ou d’attendre la bonne lumière pour prendre la bonne photo. Des fois je voudrais m’arrêter tous les 100 mètres !
- C’est déjà un peu ce que tu faisais pourtant !
- Oh ça va. Et sinon, c’est quoi la plus grande difficulté du voyage à vélo ?
- La pluie.
- C’est clair, moi aussi, je dirais même le climat en général, parce que c’est pas drôle non plus quand il fait froid, ou quand il y a du vent ! Le vent, ça m’agace !!! Cette impression de fournir tous les efforts du monde pour faire du surplace !
- Le vent, ça me dérange pas trop, mais par contre, lire sous la tente la nuit avec une loupiote qui éclaire à peine la moitié de la page, ça me saoule.
- Et la plus grande crainte ?
- C’est idiot, mais j’ai toujours eu peur de me faire agresser la nuit quand on faisait du camping sauvage.
- Ah ouais ?! Moi, c’est de manquer de bouffe dans les sacoches !
- Toi et la bouffe ! Mais en même temps, j’étais bien content d’avoir des bonnes popotes sous la tente tous les soirs. C’est ton super pouvoir de cyclo-routarde !
- Moi, ce que j’apprécie chez toi en voyage à vélo, c’est ton culot pour oser demander n’importe quoi à n’importe qui et dans n’importe quelle langue ! Notamment pour la tente le soir. Et ce qui m’a le plus amusé, c’est quand t’es revenu du coiffeur en Turquie, et qu’il t’avait fait une coupe trop fashion ! J’ai trop rigolé !
- Moi, j’ai trop rigolé quand des Somaliennes ont squatté nos matelas dans le bateau pour Athènes, tu te souviens ? J’en rigole encore ! [lire l’article Dix jours chez les Hellènes]
- Et le coup des policiers dans le parc naturel en Croatie, tu t’en souviens ?
- Ah oui ! « Problem ! Feu = problem ; Tente = probem ; passeport ? » Tu m’étonnes ! Quelle idée de bivouaquer en plein milieu d’une réserve naturelle en pleine période de brame des cerfs.
- Et surtout de faire un feu ! On était tellement contents d’avoir rencontré Thérèse et Benoît, les deux français, qu’on s’est un peu emballés ! Heureusement qu’ils étaient cools les flics croates et qu’ils ne nous ont pas collé une amende, ils nous ont même indiqué un endroit où on pouvait camper librement. Allez hop, on désinstalle le campement et on repart sur nos vélos sous le clair de lune pour six kilomètres !
- Il était chouette ce parc Naturel n’empêche. Mais le paysage que j’ai préféré, c’est quand même la plage de Rhossili au Pays de Galles, la plus belle plage du monde.
- Moi j’ai craqué devant la Mer Egée en Turquie. De toute façon, la Turquie, c’est mon pays coup de cœur.
- Bah moi aussi, c’est clair ! La Turquie et Istanbul.
- Istanbul, ville fascinante, vivement qu’on y retourne !
- Dans la série coup de cœur, le bivouac que j’ai préféré, c’est celui qu’on a fait le long du Danube, en Hongrie près de Budapest.
- Ah oui, c’était tellement paradisiaque. On s’était baigné dans le Danube, il faisait trop chaud, après on avait admiré le coucher de soleil, mangé autour du feu, bivouaqué sur la plage, tranquilles…
- Et pour continuer sur la série des coups de cœur, tu te rappelles des short-bread en Ecosse ?
- Ah oui, les petits biscuits trop bons avec du caramel et du chocolat, miam !
- Par contre, les « burek » en Serbie, j’en suis dégoûté à vie ! Surtout ceux au fromage [sorte de feuilleté à l’huile garni de viande ou de fromage, dégusté au petit dèj]
- Ben on en a trop mangé, et surtout on n’aurait pas dû les laisser refroidir, ça a sûrement coagulé l’huile, c’était trop indigeste après. Mais pour moi le pire pendant ce voyage, ça a été la journée du 6 juin, quand on a dû pédaler du matin au soir sous des trombes d’eau pour aller à Dublin, on est arrivés trempés de la tête au pied ! Comparés à la journée du 20 octobre en Turquie, au bord de la mer Egée, quand on s’est baignés dans une eau translucide à 25°C après un petit pique nique sous les oliviers, c’était trop bien…
- Et moi, mon souvenir le plus marquant, c’est quand j’ai découvert pour la première fois les grands minarets de la mosquée bleue à Istanbul ! Enfin, nous y étions !
Et en vrac, un peu de rabe :
Sur les Calepieds :
- Le truc qu’on fait tout le temps avec Nico : débattre pendant des heures une décision et mater des cartes
- Le truc que Nico fait tout le temps : chanter trois notes le matin d’une chanson de m….. qui reste dans la tête de Rosy toute la sainte journée
- Le truc que Rosy fait tout le temps : compter et organiser, le nombre de kilomètres, les jours, le planning…
- Tâches de Rosy : écrire (carnet de route, article, LBM) photos (tri renommer prise de vue classer…) la cuisine et les courses, l’interview de RCF, Internet, gérer le blog
- Tâches de Nico : faire le plein d’eau, demander pour la tente le soir, comptable, mécanicien des vélos, la vaisselle, recoudre, négocier les prix
Le truc qu’on peut pas faire sur les vélos et qui nous a manqué : lire une BD dans un canap’ avec une tasse de thé et mon lit (Rosy) / manger français et parler français (Nico)
Le truc qui nous a saoûlé : les mauvaises odeurs / les midgees et les moustiques
Une surprise lors de ce tour d’Europe : la différence marquée entre deux pays d’une frontière à l’autre