Au fil de la Charente...

Publié le par Rosélène et Nicolas

On se laisse porter...
La première chose que l'on apprend lorsqu'on voyage à vélo en territoire charentais, c'est qu'une descente est toujours suivie d'une montée. Le massif central commence sur cette partie de la Charente appelée "Charente Limousine". Après des kilomètres de plat autour de Poitiers, nous attaquons nos premières "montagnes".
Par voie de conséquence, les paysages changent, se vallonnent, les hectares de cultures laissent la place à de vastes prairies peuplées de brebis.
La deuxième chose que l'on remarque tout de suite, c'est la moyenne d'âge de la population. Les cantons ruraux de l'Est de la Charente ont subi un important exode qui a vidé les campagnes. Nous traversons de nombreux villages désertés, des corps de ferme à l'abandon. Plusieurs maisons sont à vendre, certaines sont délabrées, éventrées. Pourtant, les bâtisses sont magnifiques, avec une longueur de batiment impressionnante.
Les petits vieux sont restés eux. Avec leur casquette sur la tête, à peine plus rapides que nous sur la route, ils prennent le temps de vivre. Ils font pousser des patates et préparent de l'eau de vie pour le fameux pineau des Charentes.
Un petit nectar ce pineau 2006 dégusté avec mon grand père au fin fond d'une cave humide. Une vraie cave de vigneron, avec ses tonneaux remplis de vin, le plafond pas plus haut que le bonhomme, quelques verres crasseux rangés dans l'armoire à pharmacie et cette odeur caractéristique, mélange de bois mouillé, de poussière et de fermentation. Deux tonneau de vin pour vingt litres d'eau de vie. Mais pas n'importe laquelle, une à 60 degrés, sinon on ne peut pas fabriquer du pineau !
Qui se manifeste pour déguster le pineau et réhabiliter les vieilles fermes ? Les anglais. Ce n'est pas un mythe. Ils viennent rechercher dans cette campagne une qualité de vie inexistante au Royaume-Uni.  Les pubs fleurissent, ainsi que les épiceries anglaises et les journaux en anglais. Ils achètent les bâtisses une bouchée de pain puis les restaurent. Certains créent leurs entreprises, d'autres ne viennent qu'à la belle saison. Le voisin de mon grand père, Nicolas, s'est installé à La Séchère en janvier 2007 avec sa femme et ses trois filles.  Pourquoi ? Pour ses filles, pour qu'elles puissent profiter d'une vie moins stressante. Elles ont 7, 4 et 1an, et se promènent au milieu des poules et des lapins. Les parents étaient profs dans le nord de l'Angleterre, maintenant ils sont horticulteurs. Ils sont heureux.
Je comprend son bonheur. La Charente est un fleuve tranquille, le long duquel il fait bon se promener, se laisser vivre.
13 juillet 2008
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M
HI,<br /> Cela manque de photos... pour argumenter votre récit.<br /> On va finir par se croire chez jp. Perneau au journal de 13 h attention !!!<br /> <br /> À la prochaine.
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