Gibraltar

Publié le par Rosélène et Nicolas

"Alors Nico, qu'est ce que t'en penses ? On y va ou on y va pas ?"


Pleuvra ? Pleuvra pas ? Un coup de tonnerre met fin à nos tergiversations, nous restons au camping.

Depuis notre expérience "foudroyante" du mauvais temps andalou et face à l'accueil aride des autochtones, nous avons décidé de rejoindre Tarifa de camping en camping. Et dès que le soleil pointe ses rayons, nous sautons sur nos vélos et avalons les kilomètres.


Mais en quatre jours, nous n'avons parcouru que soixante kilomètres. Nous commencons à nous demander :

1.      Si nous arriverons un jour à destination

2.      Si nous sommes réprouvés à jamais par le soleil

En effet, cela fait maintenant deux semaines que nous pédalons en Andalousie et les deux uniques journées ensoleillées, nous étions en "pause" dans des villes. En revanche, la pluie ne rate pas une occasion pour nous rincer, notamment lorsque je me promenais sur la plage de Zahora, trompée par un horizon bleu. Car, rapidement, je suis prise au dépourvu par un orage de mer qui bouche l'horizon en l'espace de quelques secondes et déverse sur moi son trop-plein d'eau. Bien sûr, le temps que je trouve un abri, la pluie a cessé...


Bref. Ce matin nous sommes déterminés à prendre la route, coûte que coûte. Et tant pis si les gouttes commencent à tomber alors que nous prenons place sur nos vélos. Tant pis si cette averse se transforme en grain, puis qu'une pente digne de ce nom vient nous casser les mollets. Nous serons à Tarifa ce soir !


Il faut croire que notre acharnement ravit le soleil, puisque le voici qui nous fait de l'œil. Doucement, sa lumière perce les nuages, ses rayons chassent la pluie, l'horizon se libère. La Nature retrouve ses couleurs, sa vivacité, ses reliefs. Contrastes et matières redonnent vie à l'Andalousie, qui dédaigne enfin nous révèler ses plus beaux atouts. Il aura fallu venir la chercher, la défier. L'Andalousie est une terre farouche, sauvage, qui ne se laisse pas apprivoiser sans effort.


Une lumière mauve illumine les Sierras qui se découpent sur le ciel bleu profond. Nos esprits s'apaisent au milieu de ces prairies vert tendre, le long d'un étang bleu ardoise bordé de landes rouge brique.

Et puis à notre droite, l'Océan Atlantique, puissant, infini, vigoureux. Vert, bleu, violet. Enfin nous le revoyons, nous le contemplons, nous l'écoutons.


" Regarde là-bas Nico ! Tu crois que c'est l'Afrique ?"


Des côtes se dessinent au loin, dans la brume.


Le moral est gonflé à bloc, le vent nous pousse vers le sud. Et même un détour imprévu de douze kilomètres ne réussira pas à nous faire dévier de notre objectif : Tarifa. Nous pédalons à vive allure le long de l'Océan, puis au milieu des Sierras, où de petites vaches paisibles broutent ces fameuses "prairies bordées de cactus". Le décor est splendide, majestueux. La Nature a repris ses droits. Pâturages, oliviers, ruisseaux et forêts peuplent ces montagnes en harmonie.


Et puis à nouveau, l'Atlantique. Nous approchons du bout.


Nous sommes sur la plage de Vadelvaqueros. La journée est finie. A peine une dizaine de kilomètres nous séparent de Tarifa, nous avons atteint notre objectif.

Face à nous, l'Afrique.

Ces côtes, ce littoral, c'est l'ébauche de tout un continent. Nous pouvons presque le toucher, il est si loin pourtant. Ce sont nos voisins, mais ces quelques kilomètres qui nous séparent sont comme une muraille impénétrable. Il ne manque pourtant pas grand chose pour que ces deux terres se joignent. Mais non. Nous ici, vous là-bas.

Avec Nico, nos sentiments sont confus. Nous observons la masse sombre de la côte marocaine, derrière laquelle tout un univers nous interroge. Et nous savons que de l'autre côté, d'autre yeux sont tournés vers nous. Mais cette soif d'ailleurs n'est pas équivalente. Nous avons l'impression d'être né du "bon côté", le "face à face" est difficile à assumer.  


Tarifa. J'ai toujours rêvé de voir ce bout de continent. La ville la plus méridionale d'Europe. La rencontre entre l'Océan et la Mer. D'un côté l'Atlantique, débridé, de l'autre, la Méditerranée, sereine, en face, à une dizaine de kilomètres à peine, l'Afrique.

Celle-ci reste dans ses nuages, mystérieuse, hermétique. Un jour nous foulerons ton sol à nouveau. Mais cette fois, nous ne faisons que t'admirer du regard. L'Afrique, un autre volet de notre aventure.


Nous reprenons notre route vers Algéciras. Une montée de plusieurs kilomètres nous permet d'observer le Détroit avec recul. D'un regard, nous embrassons l'ensemble du paysage : les Sierras espagnoles, le Golfe de Cadix sur le littoral atlantique, les côtes africaines, et enfin les prémices du bassin méditerranéen.

D'aussi haut, nous parvenons tout juste à prendre la mesure de ce lieu fascinant. Tout un monde s'ouvre sous nos yeux. La portée historique, économique, stratégique et culturelle est si forte que nous peinons à réaliser l'ampleur de ce carrefour des peuples et des cultures. Un mince bras de mer qui regorge de richesses et de sens.


Nous renoncons aux énigmes du Détroit et laissons nos vélos nous porter jusqu'à Algéciras. Nous choisissons d'éviter les "2X2 voies" et prenons alors un car pour Monda, près de Marbella où Christina nous attend, pour une deuxième expérience de "wwoof".  


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M
Bonjour et bon courage...<br /> Vous voyez... On vous suit, meme de New York ou nous sommes venus voir la famille...<br /> Et, qui le croirait? Ici il fait froid, tres froid et on est a la meme latitude qu'une bonne partie de l'Espagne...<br /> Bonne route...<br /> Desoles pour l'absence d'accents et de cedilles....
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R
<br /> Hello ! Effectivement, nous nous avons eu plutôt chaud cette semaine, mais il paraît que la pluie menace pour la semaine prochaine... pour notre reprise sur les vélos... Pas de chance décidemment !<br /> On reprend les vélos dimanche pour rallier Grenade, d'où nous prendrons un car pour Barcelone. Merci pour vos encouragements et votre suivi assidu ! Bonnes pensées<br /> <br /> <br />