De la terre sous les ongles

Publié le par Rosélène et Nicolas

Nous sommes à Monda, en Andalousie. Un petit village d'environ deux mille âmes. Surtout des anciens qui nous observent, tranquillement assis au soleil, alors que nous parcourons les rues sur nos vélos en direction du "campo".

Nous sommes ici pour wwoofer chez Christina. Anglaise, elle partage sa vie entre l'Andalousie et la Bretagne, son autre terre d'accueil. Nous habitons avec elle dans sa petite maison typique, où les portes sont basses et les murs tordus. Autrement dit, pleine de charme comme on aime.

Mais c'est sur son vaste terrain en étage que nous sommes amenés à découvrir le jardinage, le bêchage, le binage et autres travaux de la terre. Il y a ici plusieurs parcelles à entretenir et toujours quelque chose à faire. Même si elle ne tire pas son revenu principal de la culture, elle ambitionne de certifier son terrain sous les critères de l'agriculture biologique. En effet, ici pas de produits chimiques ni de machines bruyantes, seulement l'énergie de nos corps et la "bible" du jardin bio pour obtenir de vrais légumes au goût qui leur est propre. C'est tellement satisfaisant de voir le travail accompli et surtout d'avoir dans son assiette les légumes que l'on a fait pousser soi-même !

Nous sommes donc ravis de participer aux différentes tâches que nous propose Christina. Nous avons un aperçu de ce que peut être le travail de maraîcher et il s'agit d'être volontaire et rigoureux pour obtenir une récolte. Fèves, carottes, pomme de terre, fenouils, salades, topinambours, une grande variété de légumes pousse entre les nombreux orangers. C'est ici un petit paradis où nous passons nos journées, le dos courbé ou les jambes pliées, à arracher les mauvaises herbes ou à retourner la terre.

Autour de nous les montagnes et la nature, nous nous sentons bien. Le soleil nous fait même des sourires et nous redécouvrons shorts et tee-shirts pendant la journée.

Très bien reçus par notre hôte pendant trois semaines, cerise sur le gâteau, elle nous régale chaque soir d'un nouveau plat sorti de sa marmite.

Ici le wwoof est tel que nous l'envisagions. Un temps de travail raisonnable contre l'accueil, le gîte et le couvert. Et tout ça dans respect de notre environnement.

Bien sûr le wwoof n'est pas parfait, il mériterait d'être un peu plus cadré car de nombreux témoignages dénoncent des conditions de travail douteuses, mais l'idée d'inviter des gens à découvrir l'agriculture biologique tout en la soutenant concrètement reste excellente.


Nous repartons après le jour de l'Andalousie le 28 février, pour rallier Grenade en vélo. Ensuite nous retournons à Barcelone en car et nous commencerons bientôt la remontée vers la Bretagne.


Ah ! Et comment on a rigolé avec Caliméro quand on a semé les carottes ! Affiner la terre avec la 'tite binette, niveler le sol bien droit hein, parce que les carottes elles aiment pas quand ça fait des trous, faire avec les doigts un joli sillon, pas trop profond non plus hein, un centimètre exactement, parce que sinon les gentilles carottes elles auront pas assez de force pour pousser la terre ! Ensuite, déposer un peu de sable, pas trop, dans le sillon, parce que les carottes elles aiment bien se croire à la plage et heureusement que Caliméro a des toute petites mains, pour laisser tomber dans le sillon une par une les minuscules graines qui feront les fameuses belles carottes ! Ensuite, on recouvre délicatement avec la terre. Ouf, ça y est, c'est prêt, y a plus qu'à laisser mère nature s'occuper d'elles.


Aargh !!! Mais qu'est ce que vous faites les fourmis ? Laissez ça, reposez tout de suite ces graines que vous transportez entre vos madibules, c'est pas pour vous bon sang !!!

Voilà qu'une colonie de fourmis, installée ici avant nous, s'empare des futures carottes et s'empresse d'aller les cacher au fond de la fourmilière ! Mamamia !

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