Scotland

Publié le par Rosélène et Nicolas

1er juillet 2009


L'Ecosse n'est pas une destination facile pour le cycloroutard.

Son ciel capricieux s'acharne à tester nos nerfs et notre motivation. "Quatre saisons en une heure", l'adage local, reflète parfaitement le climat écossais. Les autochtones, immunisés contre la pluie, ne pensent pas à construire d'abris, même précaires, et ne comptez pas être pris en pitié lorsque des litres d'eau froide se déversent soudainement sur vous. Une mamie, pourtant serviable, nous laisse ainsi sur le pas de sa porte exposer notre requête, impertubable, alors qu'une douche écossaise nous surprend au milieu de la discussion, nous inondant en quelques secondes.


Sa faune, plus précisement une varieté d'insecte, attaque le malheureux cyclocampeur en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Le soir, nous disposons d'environ trois minutes pour déplier notre campement, ranger les sacoches, cadenasser les vélos et nous réfugier sous notre tente, condamnés à être enfermés pour la soirée, sous peine de servir de repas à une horde de midgees, sorte de moustiques minuscules mais voraces, agaçants, harcelants, obstinés, dont l'objectif est de vous mordre le visage, les jambes, même mieux, s'inflitrer dans vos oreilles, dans votre nez, sur les paupières, sans répit, se ruant sur chaque bout de peau denudée comme si vous étiez un étalage de viande fraîche en libre service. A devenir cinglé. Bien entendu, les morsures, en plus d'être (relativement) douloureuses, provoquent des démangeaisons récurrentes.

Un soir, nous avons voulu être plus malins que ces rapaces en plantant notre tente en plein vent, ce qui les éloigne. Sauf qu'une pluie battante s'est abattue sur nous toute la nuit. Résultat de cette addition, nous prenons l'eau ! Le vent était si violent qu'il secoua la tente dans tous les sens, et la toile intérieure se colla à la paroi détrempée, ce qui forma des flaques au bout de la tente...

Alors, tourbe et midgees, ou vent et inondation ? Autrement dit, les dents en mousse ou la horde de petits canards ?


Comme toute contrée aride, mais magnifique, ces difficultés ne font que renforcer notre fascination pour cette région sauvage et majestueuse.

Dès les premiers tours de roue, nous sommes conquis. Cette immensité, cette Nature qui se déploie à l'infini nous donne le vertige. Nous croisons bien quelques villages régulièrement, enfin, plutôt quelques maisons regroupées le long de la route sous une dénomination commune. Sur certains passages, l'immersion est totale, il n'y a qu'à savourer, qu'à se laisser aller le long de ses vallées entourées de montagnes, désertées des hommes, envahies par les moutons, sillonnées de murets sans fin.


Au cœur de ces espaces naturels, peu de rencontres. Nous aurons tout de même l'occasion d'assister à un des évènements phares de l'année au pays des moutons, lors duquel ces épaisses boules de laine se dédoublent : la tonte !

Mais il faudra attendre notre arrivée à Édimbourg, et nos retrouvailles avec Jim, compagnon de vendanges, pour approcher d'un peu plus près la culture écossaise, notamment en participant avec son amie Esme à un « Ceilih», sorte de fest-noz, mais avec des kiltouts ! Terre celtique, terre de musique. Une guitare, un violon, une basse et une batterie, le chanteur explique les pas, et hop ! c'est parti, il n'y a qu'à suivre le mouvement, à trois, à quatre, en groupe, tournant, sautant, valsant, dans une ambiance chaleureuse et conviviale.


Après une semaine à découvrir le charme d'Édimbourg et à retrouver le plaisir d'être entre amis, nous reprenons nos vélos. Jim et Esme, emballés par l'idée de voyager en vélo, décident de nous accompagner, et partagent pendant deux jours notre quotidien. Leurs engagements les rappellent trop vite vers Édimbourg, car nous aurions bien pédalé en leur compagnie à l'assaut de l'Europe.

Et pour la première fois depuis notre départ de Bretagne, il y a maintenant un mois et demi, nous faisons enfin cap sur Istanbul ! Nous prenons le ferry pour Amsterdam le 7 juillet, et attaquons ainsi la partie continentale de notre périple.    

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Publié dans Carnet de route Europe

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P
Hello ! merci pour ces chroniques...<br /> Aaaah les Midgees, les gens me regardent parfois bizarrement quand je leur conseille d'acheter un "chapeau-moustiquaire" mais à cette période de l'année votre récit confirme que c'est primordial pour passer du bon temps ;)<br /> Portez-vous bien
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R
<br /> Je confirme ! Nous avons aussi observe d'un drole d'oeil ces moustiquaires de visage, mais en attendant, alors que nous nous precipitions de la tente au sanitaire du camping avec une mine affolee,<br /> les autres campeurs discutaient tranquillement autour du barbecue, en short et T-Shirt...<br /> Il semblerait qu'il existe un produit tres performant (et le seul d'ailleurs) qui se vend en tant que cosmetique. C'est une creme pour le corps qui s'appele Skin so soft d'Avon. Nous n'avons pas<br /> teste, mais je ne retournerai pas en Ecosse sans protection digne de ce nom !<br /> A bientot !<br /> <br /> <br />