Arrivée à Noflaye
Nous ne trainons pas à Dakar. La ville, ce n’est pas pour nous et puis nous sommes attendus au Village des Tortues depuis déjà plusieurs jours.
C’est reparti dans l’agitation urbaine. A la sortie de la ville, nous cherchons la gare routière des N’Diague N’Diaye, les fameux bus Mercedes aptes à transporter nos vélos sur le toit. La voici : un amas de carcasses cabossées genre campement de « cametards » à l’arrache. C’est bien ici que nous devons trouver un taxi-brousse pour Rufisque. Eh bien, c’est le Far West !
Les négociations peuvent commencer. Amélie et David nous ont donné une idée du prix : de 1500 à 2000 FCFA, vélos compris. L’échange débute à 4000. Wahou, va falloir être ferme. Et puis la scène est impressionnante, nous sommes coincés entre les pare-chocs, entourés d’une dizaine de Sénégalais qui nous parlent tous en même temps, parfois en français, souvent en wolof, avec pour seul but de faire grimper le prix. Pas facile de faire face, il faut être bien sûr de soi. Heureusement, Nico est passé maître dans l’art du marchandage depuis la Turquie. Allez, on tope pour 2000, c’est parti. Les vélos s’envolent sur le toit, on grimpe dans la boîte à sardines. 20 km, 3h de route.
Il nous reste 10 km à faire à vélo jusqu’à Noflaye. Le vent de mer freine notre progression, soulève des nuages de sable qui nous aveuglent et nous giflent le visage. Un bus me pousse dans un trou de sable, un camion me barre la route, mais nous arrivons enfin au Village des Tortues, sains et saufs.
Cette expédition remonte à trois semaines. Maintenant, nous avons nos marques ici. Ousmane, Papa Samba, Abdoulaye et les autres sont devenus nos amis. Le trajet du couple d’écureuils, le nid du perroquet au creux du baobab, les habitudes des lézards, la vie au Village n’a plus de secret pour nous.