Du désert aux neiges de l'Atlas
Je n'ai pas écrit sur le blog depuis si longtemps que je ne sais même pas par quel bout commencer... Par notre épopée de sable au pays des Hommes Bleus, par nos anecdotes "Calepiestres" sur la piste de Diama en Mauritanie, ou pourquoi pas par notre traversée épique du désert à bord d'un camion de légumes marocain...
Je pourrais aussi décrire la saveur des trois thés mauritaniens, ou tenter de percer le mystère de ce pays à part, comme hors du temps, esquisser un portrait de ces Hommes du désert, à la fois si modernes mais tellement authentiques. Les traditions de ce peuple cotoient en harmonie un mode de vie si singulier. Il y a quelque chose en Mauritanie, quelque chose d'insaisissable, de différent, de fascinant. Quelque chose qui impose le respect, mais qui interroge aussi.
Mais les sables nomades sont loin derrière nous désormais. Nous voici au pied des sommets enneigés de l'Atlas, au creux des montagnes berbères. Nos vélos sont toujours de fidèles compagnons de route, bien que nous les chevauchions rarement ces temps-ci. Nous préférons nous ouvrir à l'Afrique par d'autre moyens. Profiter d'un lieu en prenant le temps de le découvrir de l'intérieur. Nous avons donc passé près d'une semaine sur les rivages d'Essaouira la blanche, avant de nous perdre dans les méandres de la médina rouge de Marrakech, accompagnés pendant cinq jours par mes parents, mon frère et son amie, et nous profitons depuis quelques jours des magnifiques paysages de la chaîne de montagne nord-africaine, à l'occasion des 28 ans de Nico.
Les Cale-Pieds à Terre donc, puisque depuis notre départ de Dakar nous avons parcouru environ 400 km sur nos montures... Le reste en taxi-brousse, en pick-up, en chameau, en camion légumes... L'aventure à l'africaine ! Car le vélo ne semble pas être le meilleur moyen de découvrir ce continent. Bien sûr à cause des 40 degrés du Sahel, à cause des pistes ensablées (le vélo ne roule pas sur le sable, pas de doutes possibles), à cause d'un vent du nord insurmontable ect. Mais aussi parce que traverser les villages de brousses sur nos engins sur-équipés nous donnaient un peu l'impression d'être des extra-terrestes déconnectés. Même si le vélo reste un moyen de transport humble et raisonnable, le décalage est frappant. Nous préférons donc découvrir ces pays, et le Maroc actuellement, différemment, en passant du temps auprès des gens, pour avoir le temps de s'apprivoiser mutuellement...
Il y aurait beaucoup à dire pour expliquer ce raisonnement, faire comprendre notre perception du voyage, du tourisme en Afrique, soulever les questions qui nous taraudent au quotidien, sur l'Occident, le Don, l'Humanitaire, le Tourisme, mais Nico me crie depuis la cuisine de notre charmante auberge berbère que "C'est prêt !" Alors, pour une fois qu'il fait la cuisine, je vais honorer ses efforts... :)
A très vite !!! Inch' Allah