Pensées du moment
Petit plaisir du jour, écouter la musique à fond, seule.
D'autres plaisirs viennent ponctuer mes journées, savoir qu'un lit douillet m'attend ce soir, que je peux me réfugier à l'abri des gouttes et du froid en cet été un peu terne. Parcourir des lieux connus et rabattus avec un regard neuf. Quitter ses potes avec légèreté, car on pourra se revoir demain ou dans trois semaines, peu importe puisque maintenant je suis ici.
Bien sûr le vélo nous manque. L'autre jour j'ai croisé un jeune couple sur des vélos bariolés et chargés. J'étais presque jalouse. Cette semaine nous avons accueilli et hébergé un anglais et son vélo pour la nuit. Drôle de sensation en le voyant quitter à faible allure le Petit Verger, au rythme de celui qui a une longue route devant lui et qui sait qu'il est inutile de se presser. Alors que je m'affairais déjà pour une journée active et remplie.
Le voyage occupe encore beaucoup mon esprit. La page se tourne en douceur, sans se hâter. Les premiers jours ont été un peu difficiles, hapée, déjà !, par la frénésie de la sédentarité, par la morosité de notre société actuelle, par la nostalgie précoce d'un des meilleurs moments de ma vie. Je commence tout juste à me tourner vers de nouveaux horizons, à m'ouvrir à mon avenir.
J'ai peur de ne plus écrire, de perdre ma liberté. Ces longs moments de contemplation, de réfléxion me manque. Le vélo offre de larges plages intérieures. Ici il y a toujours quelque chose à faire, jamais de répit. A moi de savoir arrêter l'instant.
En ce moment je travaille sur la rédaction d'un carnet de route. Le voyage continue donc d'occuper mon quotidien. Tout mon temps libre même puisque c'est un travail de longue haleine.
Au fait, j'ai changé de photographe mais la poisse me suit jusqu'à Rennes. Encore une pellicule de fichue, cette fois-ci, l'émulsion du film est arrachée sur une fine bande en plein milieu du négatif... Incroyable non ?