Retour au pays

Publié le par Rosélène et Nicolas

Premiers pas en France, premiers clichés. "Papiers d'identité S.V.P". Nous sommes attendus par les douaniers à la sortie du train dans la gare de Cerbère. Quant à notre train pour Rivesaltes, il est annonçé avec 10 minutes de retard par la bien connue voix nasillarde de la S.N.C.F. Le chef de quai fait alors résonner son accent chantant et rocailleux. Pas de doute, nous sommes de retour au pays !

Pourtant, nous avons du mal à réaliser. Quelques "Holà" sortent spontanément, et pour notre première soirée en France, nous sommes accueillis par Leah, une américaine installée à Durban-Corbières depuis peu. Elle ne parle pas français ! C'est donc en anglais que nous bavardons autour d'un verre de Blanquette de Limoux (mousseux des Corbières).

Mais dès le lendemain nous retrouvons nos repères. De la télé en français au petit marché sur la place du village en passant par ce qui fait qu'une épicerie est française : l'étalage de fromage de pays et le paté de campagne dans les rayons. L'ambiance est gaie et franchouillarde, l'accent du sud claque dans les blagues salaces des employés. Je crois même reconnaître les traits de mon grand-père dans le visage du voisin de Leah.


Nous roulons à travers les paysages de l'Aude, surprenants de charme. Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à parcourir la campagne en hiver. Les vignes des Corbières s'égrainent le long des coteaux, bordées de murets en pierre sèche. Les vallées s'enchevêtrent les unes aux autres, rompant la monotonie de l'horizon. Les parcelles s'assemblent et forment des ensembles géométriques harmonieux, grâce aux contrastes des couleurs. Toute la palette des bruns, ocre et orangé se déploit au milieu des landes empourprées et des fourrés de chênes verts, ponctués de ruines cathares.





En quelques jours nous arrivons près de Toulouse chez mon oncle Pierre. Cette halte familiale et ressourcante est un joyeux avant-goût de la maison. Mais il reste de la route. Au bas mot, 700km. Un peu trop encore pour se sentir vraiment sur le chemin du retour. Ce qui donne au départ de chez Pierre un petit côté désillusionné, frustrant.  





C'était sans compter sur la magie du voyage à vélo.


Le soleil toulousain dore la terre des vallons du Lauragais. Collines rebondies, au creux desquelles viennent se nicher des corps de ferme aux toits en tuiles, alors qu'au sommet pointent les clochers des villages de campagne.


Le printemps fait des perçées ici et là au milieu d'un hiver dévastateur : troncs déracinés ou haies fauchées par le vent, nombreuses sont les séquelles de la tempête. Mais certains signes ne trompent pas, le renouveau pointe son nez. De petits bourgeons timides se dressent vers le ciel, les magnolias ou mimosas, plus hardis, n'hésitent pas à faire éclater toutes leurs splendeurs. Les longues traînées blanches et roses des arbres fruitiers égaient les paysages, les vignes sont parsemées de fleurs sauvages qui scintillent au soleil. Nous sommes loin de la morosité de l'hiver. Les vignerons travaillent les vignes, les tracteurs sillonnent la campagne, les oiseaux s'époumonnent, les prairies verdissent. Les températures sont carrément estivales. La journée est magnifique.


En revanche, les nuits sont encore froides. Notre nouvelle stratégie, demander au maire un local où nous pourrions passer la nuit. En fin de journée, nous arrivons à Paulhiac. Mais, comme bien souvent dans les petits villages, personne à la mairie. J'interpèle alors un jeune homme à son balcon.

"Le maire, il est pas là, mais attends, viens avec moi, je te montre un endroit ". Grimpé sur son V.T.T, il nous mène jusqu'à la maison de Walter et Brigitte, ses amis. Ils sont entrain de boire l'apéro au soleil. "Ben oui, t'as bien fait, pas de problème. Mais vous préférez pas un lit plutôt ? Vous voulez boire un coup ? ". Nous passerons la soirée au coin du feu à écouter les histoires de Walter ponctuées des pointes d'ironies de sa fille Léna. C'est le genre de rencontres qui  vous sauve de n'importe quel germe de faiblesse...


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W
Merci à vous 2 pour l'hommage que vous nous rendez ! Bravo encore pour votre performance. Faites un maximum d'émules pour que chaque voyageur du monde devienne l'hôte d'un autre. D'ailleurs on voulait justement visiter la Bretagne !!! Quoi qu'il en soit, restons en contact !
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R
<br /> Nous n'oublions pas notre petite soirée dans la campagne toulousaine, le moral était un peu faible avant d'arriver chez vous mais nous sommes repartis gonflés à bloc ! Alors n'hésitez pas le jour<br /> où vous viendrez visiter la Bretagne, faites nous signe, on ira manger des crèpes avec une bolée de cidre ! Merci encore pour cet accueil, j'insiste, parce que ce sont les gens comme vous qui<br /> font la saveur de notre voyage. Heureusement, il y en a plein sur notre route, mais c'est toujours formidable et ressourcant. A bientôt, bises à vous trois<br /> <br /> <br />
D
Deja! Et vous ne vous etes pas fait les cols pyreneens! C'est quoi ces tapettes allez hop on redescent! Et avec un peu de chance vous mettez deux mois a remonter et se retrouve en bretagne debut Juin! On rentre le 3! Allez les poteaux un effort!
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R
<br /> Rrrôôôh l'autre hey ! Bon on les avait fait à l'aller les cols pyreneens, alors on s'est accordés une dispense. Ouais ouais les exceptions s'accumulent mais les extrêmes ne sont jamais bons... Pi<br /> on a rencontré deux français bien sympas dans le train pour Rivesaltes.<br /> J'y crois pas trop au 3 juin, désolés, on sera déjà repartis pour de nouveaux horizons, entre l'Ecosse et la Norvège je pense...<br /> <br /> <br />
M
Ahlala! Quel retour au pays! Bienvenu les cocos, ça fait plaisir de vous savoir user l'asphalte française de nouveau! En plus, les premiers tours de roue ainsi que les étapes se succèdent avec un certain "succès", bravo!<br /> A très bientôt!<br /> Bises
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R
<br /> Merci l'ami, ça c'est clair, on en bouffe du goudron, cap sur la Bretagne, vent de face mais mors au dents ! Biz biz<br /> <br /> <br />