Croeso i Cymru
Mardi 2 juin
Nous n'imaginions pas qu'il serait si difficile de trouver une connexion Internet au Royaume-Uni. Ainsi, pendant ce périple européen, les news risquent d'arriver au compte goutte, ou bien toutes d'un coup après plusieurs semaines de silence. Ne vous en inquiétez pas et continuez à consulter notre blog, car nous tenons à le mettre à jour aussi régulièrement que possible et ainsi le faire vivre...
Si nous peinons à mettre la main sur une connexion Internet, c'est aussi parce que nous ne prenons pas vraiment le temps de nous arrêter encore. Depuis notre départ, nous roulons quasi au quotidien et enchaînons les kilomètres. Nous cherchons notre rythme pour ce tour d'Europe, ambitieux en terme de distance. Néanmoins, comme nous aimons prendre le temps et que nous refusons la dynamique de la performance et du défi exclusivement physique, la frustration se fait vite sentir.
Depuis notre arrivée au Pays de Galles, les déceptions se sont succédé. Nous nous attendions à une région rurale, authentique et traditionnelle. Pourquoi ? Chacun de nous véhicule des préjugés, des idées reçues, des images, sans en connaître forcément l'origine. Le pays de Galles évoquait pour moi la Nature, de grands espaces vierges au creux desquels se nichaient quelques villages en pierre, gardés par de vieux Gallois à l'accent redoutable.
Route fréquentée, voitures customisés au moteur vrombissant volume maximum, conducteurs agressifs, grognons, campagne urbanisée, population opulente et assistée de petits véhicules électriques, gamins agités maintenus en laisse par leur mère (!!!).
La réalité a rattrapé nos chimères. Malgré un soleil éclatant, nous profitons difficilement de notre privilège. Notre objectif, Rhossili Bay, au bout de la presqu'île de Swansea, dans le sud du pays de Galles. Nico connaît déjà la plage, l'endroit est extraordinaire. Nous pestons toute la journée contre les automobilistes pressés, abusant de leur accélérateur et de la puissance de leur moteur, tandis que nous hissons à la force de nos mollets nos vélos sur les collines abruptes de la région. La route vers Istanbul est parsemée d'étapes, et une de ses premières leçons est l'humilité. Pour la première fois depuis que je voyage à vélo, je pose pied à terre dans les côtes, poussant mon compagnon à deux roues.
Enfin Rhossili. Nous avons pédalé comme des acharnés pendant deux jours pour atteindre ce petit bout de paradis. La fatigue se fait sentir, et l'énergie manque pour saisir toute l'intensité de ce lieu.
Alors, c'est décidé, nous allons ralentir le rythme, oublier la carte, les kilomètres, les objectifs, et simplement nous laisser porter au gré de nos envies, profitant de ce qui s'offre à nous. Et s'il faut prendre le train, s'avancer sur quelques centaines de kilomètres, qu'importe ? Saisissons notre chance de pouvoir voyager à contre-courant, en s'imprégnant de ce qui nous appelle.
Nous laissons donc le week-end se dérouler, et vagabondons au milieu des centaines de moutons et de poneys de race welsh, libres, maîtres des lieux, confiés aux vastes prairies et marécages, loin de l'agitation et de la frénésie du sud de la péninsule.