La Bulgarie vue du train, par Rosy
Pressés par le temps, nous devons prendre un train à Vidin, à peine entrés en Bulgarie, pour Burgas, à l'autre bout du pays, sur la Mer Noire.
Nous quittons le Danube, ce compagnon de voyage que nous avons suivi au quotidien pendant plusieurs semaines à travers l'Europe. Ce fleuve mythique qui traverse pas moins de huit pays, ralliant les peuples mais aussi marquant les frontières qui, malgré l'Union Européenne, sont loin d'être fictives...
Nous sommes déçus de ne pas pouvoir découvrir la Bulgarie de l'intérieur. Néanmoins, le train nous donne un autre aperçu sur le pays et nous permet de croquer au passage quelques instants de vie : un troupeau de chèvres et quelques vaches gardés par une femme assise à l'ombre d'un pommier, des hommes qui chargent un camion avec des bottes de foin, au milieu d'un champ moissonné.
En fin de journée, les champs sont dorés par la lumière du soleil couchant. Au bout de la plaine, de grandes barres d'immeubles barrent l'horizon. À l'approche du train, un troupeau de chevaux s'enfuient au galop qu milieu des détritus qui jonchent leur pâture jaune et sèche. Quelques cabanes sales et misérables s'étalent en bordure de ville, sorte de bidonvilles européens. Du linge coloré sèche aux balcons des maisons, une dame à la peau mate est assise sur un tabouret, des enfants au pieds nus jouent autour d'elle.
La lenteur du train nous permet de saisir un peu de l'ambiance des campagnes bulgares…