C'est dur dur d'être un bulgare, vu par Nico
Nous arrivons en Bulgarie le 22 septembre, à Vidin. Les "villes-frontières" sont toujours un peu bizarres, sans trop d'identité. Celle-ci nous laisse une impression sur les bulgares en complet contraste avec la pêche et l'énergie des serbes !
En effet, à la périphérie de la ville, lorsque l'on demande la direction du camping affiché sur notre carte, on nous explique qu'il n'existe pas, ou bien que s'il en existe un, il est réservé aux gitans. C'est pas grave, pour une fois on s'offrira une nuit d'hôtel qui fera du bien. Mais alors là, la pêche serbe se voit remplacée par un vieux concombre ramoli oublié dans le fond du bac à légume !
Demander un simple renseignement nécessite de discuter pendant plus longtemps qu'il n'en faut pour faire le tour de la ville en marchant à l'envers ! Les gens, les jeunes, ont l'air d'en porter gros sur les épaules et leur arracher trois mots d'anglais semble être une épreuve difficile pour ceux qui répondent "oui" à la question : "Do you speak english ?"
Plus tard, beaucoup plus tard, à la réception de l'hôtel où nous décidons de nous arrêter, la dame qui me parle semble fatiguée, épuisée. Lorsque je lui pose des questions, elle me répond par de long "yes" ou "no" qui sonnent comme des soupirs. Et remplir un formulaire d'arrivée avec nos passeports lui demande un long travail administratif. Enfin, plutôt que de la secouer pour la réveiller, je la salue dans sa langue, et avec mon accent français je lui arrache un sourire, victoire, ouf, ça va mieux ! Rassuré, je conclue que même si la vie a l'air d'être dure quand on est bulgare, on peut quand même rigoler !
J'en rajoute évidemment, nous sommes passés bien trop vite en Bulgarie pour émettre le moindre jugement sur le caractère de ses habitants mais l'ambiance était plutôt à la déception ou à la fatigue générale, essentiellement à Vidin. Sans comprendre pourquoi ni comment, je me dis qu'ils ont peut-être une façon différente de penser. La preuve, pour dire oui de la tête, ils font comme pour dire non. Allez ! j'arrête de me moquer.
En Turquie, par contre c'est la folie, tout le monde nous parle, nous accoste, klaxonne, rigole, et le fait que nous ne comprenions rien à ce qu'ils disent ne les freine pas du tout, au contraire. Ils sont tellement hospitaliers et serviables, curieux et bavards ! Nous sommes sans cesse sollicités. Cela ne fait que trois jours que nous sommes en Turquie mais ça promet d'être drôlement intense. On en reparle bientôt…
Nico