La Dolce Vita

Publié le par Rosélène et Nicolas

 

Italia. 9h30, retour de mer. Le petit port aux facades claires et ensoleillées s'anime doucement. Les marins fatigués trient la pêche du jour dans les filets emmêlés. Un peu plus loin, un homme à la peau tanée par le soleil discute aprement, cigare au bec. Tout est dans la gestuelle et la musicalité. Trani. Ses ruelles étroites et pavées nous mènent d'arches en placettes jusqu'à la cathédrale blanche sur fond bleu, le bleu de la mer. Quiètude, douceur de l'air, harmonie de l'architecture, l'Italie aux milles saveurs se découvre à nous, tranquillement mais sans résistances. Va bene. De quoi terminer un tour d'Europe en douceur et en beauté.

 

L'Italie est fidèle à l'image qu'elle reflète. Sa gastronomie relève du divin après six mois de voyage en Europe. Nous savourons jambons crus, fromages locaux et aubergines marinées, lézardant sous le chaud soleil automnal, tantôt sur des placettes blanches et reposantes, tantôt face à la mer, au milieu des oliviers. Nous commencons à saisir l'essence de la Dolce Vita…

 

Les villages de la côte Adriatique, rescapés du tourisme de masse, nous réconcilient avec le monde urbain. A Vieste, de mystérieux escaliers entraînent le promeneur à travers l'enchevêtrement des ruelles, dans la fraîcheur des murs d'un blanc éclatant, colorés par le linge suspendu aux fenêtres. Parfois, à un coin de rue on aperçoit la mer, ou bien un chat qui se prélasse sur un rocher. Il est 14h, l'heure de la siesta, les volets clots, les rideaux baissés, les commerces fermés, la quiètude du lieu peut s'exprimer dans sa troublante puissance.

 

Ceci n'est qu'un aperçu de l'Italie. Pour la décrire, il faudrait aussi parler de ses éternels Piaggo et innombrables Vespas, rendre compte de la tradition religieuse qui se confond ici avec identité culturelle, détailler la passion des Italiens pour les pastas et leur saveur incomparable, évoquer les larges lunettes noires et l'élégance italienne, intergénérationnelle et véritable marque de fabrique, quelque soit le lieu et le moment, mais qui atteint son apogée le dimanche midi, lors de la "Passagetta", une sorte de défilé dans l'artère centrale des villes principales ou encore raconter ces scènes incroyables de « discussions » du quotidien et le raffut qu'elles provoquent, chacun des intervenants parlant avec force, animation et moult gestes, en parfaite simultanéité, personne ne s'écoutant finalement… Dans les « Pouilles », la caricature est transcendée par l'authenticité.

 

Et puis bien sûr, il y a Rome, ses ruines antiques émouvantes, ses façades méridionales, ses Palais Renaissance, ses quartiers aux ruelles étriquées, chaque élément de l'Histoire harmonieusement entremêlé faisant de chaque coin de rue une nouvelle découverte. Et puis, malgré les touristes et l'agressivité de certains commercants, certains instants sont magiques comme les dernières lueurs du couchant sur la Basilique Saint Pierre ou une envolée de pigeons sur la place du Vatican, au milieu des prêtres au regard méditatif, surprendre la Louve symbolique au creux d'une fontaine sombre ou assister au démarrage tonitruant des escadrons de scooters au feu vert.

Je pourrais encore parler de ces bivouacs face à la mer, de ces rencontres insolites avec des Italiens curieux et amicaux, de ces paysages séduisants et ressourçant. Mais je crois que vous avez compris. Nous crûmes notre voyage terminé face à notre déception grecque, l'Italie l'a couronné pour l'achever pleinement.

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Publié dans Carnet de route Europe

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V
<br /> Bon repos; prenez des forces pour la suite du périple; profitez de vos familles; amitiés aux parents de Rosy;<br /> Bonnes fêtes de fin d'année<br /> <br /> <br />
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