DAKAR

Publié le par Rosy et Nico

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Lundi 1er mars, début d’après-midi. Terre en vue ! La pointe du Cap Vert se dessine à l’horizon, mon cœur bat la chamade. Je l’entends cogner contre ma poitrine. Après dix jours en huis clos, enfin nous touchons au but, nous arrivons en Afrique !


L’approche se déroule tranquillement, nous observons le Capitaine manœuvrer notre grande barque dans le petit port de Dakar. Des milans noirs tournoient autour de nous. Cent mètres plus bas, la terre ferme.


C’est parti, premiers coups de pédales sur le continent noir. Concentrée, je suis la voiture de l’agent portuaire qui nous mène au commissariat. Autour de nous, la rue grouille d’activité. Je refuse de me faire happer par cette ambiance, mais quelques coups d’œil obliques rappellent à mon cerveau des images familières. Femmes colorées assises derrière des pyramides de tomates, de haricots, rouge, vert, jaune. Marchants ambulants prêts à te vendre montres, ceintures, carte téléphoniques, cacahuètes, bric-à-brac. Des échoppes, des boutiques bancales, des sacs plastiques qui traînent, des montagnes de détritus. De gauche à droite s’enfoncent vers le cœur de Dakar des rues ensablées, bordées de manguiers. Et partout, partout, des hommes qui marchent, toute cette vie qui s’anime, qui déborde des trottoirs, qui s’affiche, toujours en mouvement. Je suis de retour en Afrique, je connais ces scènes de vie. Je connais ces odeurs, ces sensations, ce mélange intime de poussière, de pollution, de sable chaud, ces sons, qui font que l’Afrique vit, pulse. Je pourrais m’assoir sur le bord du trottoir et observer sans fin cette vie trépidante, mais la nuit va bientôt tomber, et nous devons trouver nos hôtes du soir, Amélie et David.


Notre passeport est tamponné, on nous indique la route pour Liberté 6. Ca y est, nous sommes lâchés dans Dakar. Il fait chaud, l’air moite nous colle à la peau. Mais nous trouvons la bonne cadence.
La circulation, c’est simple : le premier à la priorité. Il ne faut se laisser impressionner. Celui qui passe impose le respect aux autres. Ca, c’est la théorie. En pratique, c’est se frayer un passage au milieu des bagnoles, déguinglées, cabossées, brinquebalantes, en bref des épaves roulantes, des N’Diague N’Diaye, bus collectif Mercedes pressés qui s’arrêtent tous les 200m, des 4X4 flambant neuf et puissants, des taxis jaune et noir, des cars mourides tellement décorés que je ne comprends pas comment le chauffeur peut discerner la route, des chevaux qui traînent en boitillant une famille juchée sur une carriole artisanale, des scooters zizaguant, des charrettes à bras qui se déplacent en sens inverse, des marchands ambulants qui se précipitent au milieu de la chaussée pour tendre leur marchandise, des piétons qui traversent n’importe où, n’importe quand, qui débordent sur la chaussée, le tout parsemé d’embûches, de nid de poule, de trous de sable, et, parfois, un agent de circulation à un carrefour pour remplacer le feu tricolore qui n’a surement jamais marché. En résumé, surtout bien regarder devant soi, anticiper et ne pas hésiter. Rester concentré, réactif et froid dans sa tête et bien sûr, oublier le code de la route. La nuit augmente les dangers puisque sans éclairage public, nous sommes plongés dans la pénombre.


Mais malgré le vent de face, la poussière, le bruit et la chaleur, on s’en sort bien. Ce soir, nous dormons chez Amélie et David, des amis d’amis d’amis, qui nous reçoivent comme des amis. Ca tangue un peu, nous avons reposé pied à terre.

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