turquie, suite

Publié le par Rosélène et Nicolas

Après le départ de mes parents, nous prenons quelques jours de plus à Istanbul afin de nous reposer un peu. Puis nous reprenons la route, et amorçons notre « retour » par la côte méditerranéenne. Nous profitons d'un été indien des plus agréables, ce sont les « vacances » des Calepieds, le long d'une mer translucide et douce, à l'ombre des oliviers.

 

Un après-midi, nous sommes pris en otage dans un petit village de campagne par Sellatin, qui vient à notre rencontre alors que nous nous reposons près d'une fontaine en contre-haut du hameau. Il s'assoit près de nous et nous pose les questions habituelles. Puis il revient avec un sac qui déborde de tomates, piments, aubergines. Il en a tellement qu'il en a aussi plein les mains. « Mais il y en a beaucoup trop !! » Rien à faire, il les met dans les sacoches, puis nous dit que nous allons planter la tente ici. Très bien, de toute façon, nous n'avons pas vraiment le choix, le Turc étant en général assez directif ! Nous laissons donc les vélos au milieu du village et le suivons au café pour le traditionnel çay d'arrivée. Bien entendu, les hommes sont curieux et nous animons l'ambiance avec notre carte et nos trois mots en turc. Sellatin est berger, et quand il nous parle, on a un peu l'impression d'être ses moutons : « Hey Madam' madam', heeen, evet heen! », mais qu'est-ce qu'il est gentil ! Il nous escorte à nouveau jusqu'aux vélos et nous observe déballer notre fourbi. À la vue du réchaud, il se met à nous raconter plein de choses, puis prend notre gamelle et la ramène remplie d'un ragoût de tomates et patates. Il nous a aussi ramené des olives, du fromage et du pain ainsi qu'un petit melon d'eau… d'au moins trois kilos ! « Yemek Yemek ! » (Ce qui veut dire manger) Puis il nous réinvite à boire le çay et ne nous laisse pas repartir à notre tente sans avoir pioché pour nous plusieurs poivrons entassés dans des tracteurs, prêts à être conditionnés pour le marché européen.

Le lendemain matin, après le fameux çay, il nous observe ranger les sacoches. C'est un vrai casse-tête pour faire rentrer tous ces légumes, d'autant plus que la veille, un homme nous avait déjà donné une dizaine de tomates ! Et puis ce matin, Sellatin nous a ramené des épis de maïs ! Il me regarde faire, voit bien que les sacoches sont pleines, cherche à les bourrer par derrière moi « Ah non, ça, tu me laisses faire ! » Finalement, tout rentre, mais mon vélo a pris au moins dix kilos, parfait pour attaquer les montagnes de la côte turque !!! Une semaine après, nous n'avons pas encore écoulé le stock… Ce n'est pas en Turquie que nous avons perdu du poids !

 

Dimanche 25 octobre. Nous quittons la Turquie. Après un mois sur ses routes, c'est avec un petit pincement au cœur que nous regardons ses côtes s'éloigner sur le petit bateau qui nous mène en Grèce. La Turquie nous a envoûtées, par ses paysages, par sa culture riche et millénaire, par ses hommes qui la font vivre, attachants, généreux, accueillants, par tous ces petits détails du quotidien qui font la personnalité d'un pays. Le mode de vie dans les campagnes turques est resté simple et traditionnel. Croiser un homme à dos de mule ne nous surprend plus, s'arrêter pour boire un çay et palabrer, ou simplement regarder la vie passer est devenu une nécessité. Chaque jour nous nous gorgeons de tomates, olives et concombres savoureux. Nous prenons le temps de vivre, mais ici nous ne sommes plus à contre-courant. C'est un plaisir de pédaler en Turquie où nous avons maintenant nos repères. Nous sommes familiarisés avec ce pays, sa langue, ses coutumes, ses goûts et ses couleurs, la barrière culturelle est tombée. Seule la présence des femmes nous manque dans cette société musulmane…

 

Ps : Quelques nouvelles photos ont été rajoutées à l'album Turquie

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Publié dans Carnet de route Europe

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D
<br /> De telles rencontre humaines sont rares aujourd'hui, votre aventure continue a porter ses fruits et ca en devient presque trop beau. A quand vos prochaines galeres? Le genre d'episodes champetres<br /> vecu en Andalousie ou sur ce sentier-cul de sac tcheque commencent a me manquer!<br /> <br /> Gros beco les veinards!<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Salut le bisounours ! et bien oui javoue nous faisons un tour dEurope sans rechercher les galeres et les pepins et ca nous reussit plutot bien. Et puis avec nos bouilles dadolescents on seduit tout<br /> le monde, cest pratique de paraitre 16 ans des fois... Alors on en profite et on en prend plein le coeur et lesprit, parce que je sais pas si on aurait ete aussi ouvert et hospitalier avant toutes<br /> ces rencontres et ca nous fait pas mal evoluer dans nos petites tetes ces moments... Et desolee pour les aventures a rebondissements, mais lItalie, cest encore que du bonheur !!! Bientot larticle<br /> et les photos Bises a vous deux et une pensee speciale pour ton assiduite et ton amitie qui nous fait chaud au coeur<br /> <br /> <br />